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SANDRO |
Date : 23/05/2008 10:07 - Titre : CONCERT BRUXELLES: la nuit, je ne mens pas, je chante
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Alors voilà. Comme un ami qu'on n'a pas vu depuis longtemps (le concert à l'Olympia de novembre 94, pour moi), on apprehende un peu de revoir celui dont on ne fait qu'écouter en boucle les CD, lire des interview dans les Inrock. Là, c'est le souffle de la voix, la prise directe avec le temps qui passe, le compteur qui tourne, comme disent les taxis.
Sachant ce que l'on sait, on a peur de quelque chose d'un peu pathétique, qui nous ferait un peu mal à tous, au délà du plaisir de se revoir.
On pense déjà au moment où il va dire "c'est un grand terrain de nulle part avec de belles poignées d'argent", ou , dans Volontaire, "à l'analyse, y ressortirait que j'suis pas d'équerre".
Alors, voilà, c'est d'abord Chloe Mons. On sent vite que "ca va pas le faire", mais le public belge est tradditionellement bon enfant. Il supporte 10 minutes. Et puis ça siffle, il y a les quolibets. Elle abrège (15 mn en tout).Rien d'autre à en dire. Comme un malaise, une gène pour Alain qui entend cela des coulisses. Du coup, l'entracte est long, trop long.
Et puis, ça y est. Il arrive , ovation mais sans plus. Costume gris sombre, chemise en popeline blanche, feutre noir, lunettes assorties. Ces grandes mains immenses. Il dit bonjour simplement. Pas timide, mais simple, réservé. Une fille crie "Alain, on t'aime". Il dit "moi aussi".
Il a l'air serein. Comme prévu, ca attaque sur "comme un légo", la grande Bible paienne de Manset. Assis sur le tabouret de bar. Harmonica dans la manche (il le sortira souvent , surprenant méme parfois les musiciens qui en relèvent la téte de leurs instruments). Les poils commencent à se dresser sur les avant-bras.Lumière bleue (dominante du spectacle). Il oublie (ou coupe) quelques vers, dit " sans voir comme ils seront" au lieu de "sans voir demain comme ils seront". On n'est pas rassurés.
Dans "Résidents", il commence à envoyer. Dans "Volontaire", c'est le coup de poing au plexus: Alain a un coffre énorme, une voix caverneuse mais extraordinairement puissante, comme on ne peut pas se douter dans les CD studio. Il balance le tabouret. Il envoie. D'une grande force intérieure, sans élan, sans surrégime. Il envoie la purée, c'est tout. Et ca vient. Le son est bon , mais un peu fort. Je suis trop près des baffles. Dans son costume mi-Pierrot lunaire mi-mime Marceau, il joue d'ailleurs, dans les morceaux calmes, de cette gestuelle de mime, saccadée, ralentie, d'automate. Samuel Hall le voit se livrer à un mime vocal très explicite "avale, oh oui, continue comme ça, oh ouiiiiii? Assez surprenant. Comme un pied de nez à la faucheuse. Comme une bonne plaisanterie de collégiens...
Vertiges de l'amour est joué très rock, c'est un des rares moments où le public (du moins dans mon coin "fauteuils") semble connaitre les paroles.
Il y aura aussi une version très rapide d'Osez Josephine, avec solo brillant du harpiste/ violoncelliste. Une très belle version de "la nuit, je mens", avec les couplets très sobres, chantés bluesy et lents (lumières bleues), et les refrains pleine voix pleins décibels pour les musico (lumières blanches pleins phares)
L'émotion de "happe", très lente, en dedans. Les grands frissons sur "A perte de vue", grand bleu sur les spots( sans doute le meilleur morceau au plan de l'interprètation). Le duo avec Chloé sur "Calamity Jane", où il la prie longtemps de revenir sur scène. Ils se tiennent la main sur tout le morceau. Ces deux là ne "s'embrassent pas dans le noir à cheveux blonds" (un chaste baise-main à la fin), mais ils savent déjà demain comme ils seront... Du coup, les siffleurs de la première partie doivent se sentir génés. J'éspère. Pour Alain.
Des morceaux que j'oublie. Et puis, la cloture avec orchestre sur "Malaxe", très forte, très puissante, avec guitares / basse merveilleuses. Version de près de 10 minutes. Toutes les couleurs y passent aux spot. Et puis il sort. Et puis il revient seul, sans musiciens, avec une guitare. Il nous fait, rien que pour nous (et pour lui) deux messages personnels:
"Angora", où on ne saisit que trop le message "le souffle coupé, la george irritée, je m'époumonais sans broncher" et "coule la résine, s'agglutine le venin". On sait, Alain. Vous nous dites que vous ne craignez plus votre destin. J'Crains plus rien. OK, Alain, c'est bien . Il est serein, terriblement serein, en apparence.
Le 2 eme (et dernier cadeau / Message personnel), c'est "Night in white satin". Version presque priée, plus que chantée. Dans les longs et rauques "because I love you", il montre furtivement la salle. Merci , Monsieur. On savait. We too.
Et puis c'est fini. Standing ovation, retour des lumières.
A la station service du temps qui passe, on vient de refaire le plein de pétrole. Pour la route. Ce qu'il en reste.
Un très grand respect flotte sur ma mémoire de tout cela. La révélation de la force vocale d'Alain, au delà de la puissance intérieure de ses mots et des mélodies, qu'on connaissait déjà. Regrets: il n'a pas chanté "Bijou , bijou", ni "Tant de nuit", "Appiculteur" et "Kalabougie", mes préférées. On s'en fout. On s'en fout complétement.
Alain est vivant. En direct live. Tout simplement vivant, et mon Dieu, que c'est bon. Voilà, c'étaient juste quelques mots pour ne rien dire. Ou plutot pour dire l'inverse. Alain a toujours été rare, donc cher. Hier soir, il était carrément hors de prix, presque déjà hors d'atteinte.
Le grand terrain de nulle part, on veut bien. Mais les poignées d'argent, on veut pas.
"Vos luttes partent en fumée" |
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Aficionado |
Date : 23/05/2008 11:21 - Titre : Re:CONCERT BRUXELLES: la nuit, je ne mens pas, je chante à plei
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Merci Sandro.
A Lyon aussi, Bashung a fait des coupes sur "Comme un Légo" - et il avait bien chanté "sans voir comme ils seront" au lieu de "sans voir demain comme ils seront".
Je pense que c'est volontaire. Il s'est approprié ce texte, qui au départ est d'un autre. Peut-être aussi que ce "demain" lui pose problème, étant donné son état de santé présent, préoccupant.
Dommage qu'il n'ait pas choisi de couper aussi certaines petites maladresses du texte (par ailleurs excellent), mais bon, s'il le sent comme ça ...
Vive le rock français.
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K-TY |
Date : 23/05/2008 11:28 - Titre : Re:CONCERT BRUXELLES: la nuit, je ne mens pas, je chante à p
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Sandro, j'y étais à travers ton récit très touchant. Tant de fois merci. "Rendez-vous sur la lande, et qu'enfin cesse l'hallali"... "Dans les herbes folles tu peux courir"... |
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Icare69 |
Date : 23/05/2008 12:03 - Titre : Re:CONCERT BRUXELLES: la nuit, je ne mens pas, je chante à p
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Putain d'article ! Dis donc, t'as une sacrée plume !! Tu m'a filé la chair de poule....comme si j'y étais encore et encore...j'ai même senti les yeux qui me picotaient, mais restons digne....
Un seul mot : Bravo !
Bravo à Alain qui maintient le Cap et à toi qui nous as si bien fait ressentir l'atmosphère hier soir au Cirque Royal. "Désormais je me dore, à l'endroit, à l'envers...à la Chaleur humaine..." / \![\]() |
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Amanderêve |
Date : 23/05/2008 12:04 - Titre : Re:CONCERT BRUXELLES: la nuit, je ne mens pas, je chante à plei
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Bonjour Sandro, Bonjour à tous! Cher Sandro j'étais aussi présente hier soir au cirque royal. C'était la première fois que je voyais Alain Bashung en concert. Tu relates très bien notre soirée d'hier. Personellement je n'ai pas apprécié la première partie, mais je n'ai pu la siffler... ce n'est pas évident de huer un artiste. Ce fut une triste mise en bouche... Néanmoins accompagnées de mes deux chéris (mon amoureux et mon papa), nous avons pris un grand plaisir à écouter Alain Bashung. Je n'avais jamais assisté à un de ses concert. J'ai trouvé la musique magnifique, la voix et l'interpretation sublime. Nous sommes ébahis par tant de capacité, tant d'émotion. Derrière ses lunettes il regarde les gens de temps à autre, ainsi nous avons eu l'impression pendant un cours instant de "la nuit je mens" qu'il ne chantait que pour nous ;-) La magie du concert surement... Le final était magnifique, et tout prend son sens... Dans ma petite bulle, la vie nous a fait grandir et mûrir...Il faut profiter de l'instant présent et de nos semblables tant qu'ils sont là! Profitons donc... Merci Alain Bashung tu nous a fait vibrer Merci Sandro pour ce compte rendu très exact Amande
Amanderêve |
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SANDRO |
Date : 23/05/2008 14:26 - Titre : Re:CONCERT BRUXELLES: la nuit, je ne mens pas, je chante à plei
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Merci à tous de vos commentaires. En dehors du plaisir et de l'émotion de revoir Alain, ce qu'il faut retenir, c'est ... LA VOIX!
En tous cas moi, j'avais oublié, à force de disséquer les textes, les jeux de mots au 3 eme degré, etc...
Un coffre exceptionnel, une voix puissante qu'il ne force pas, et dont il sait jouer de toutes les nuances.
C'était tellement évident que j'avais oublié....
Bref, pour ceux -comme moi-, qui après 25 ans de Bashung croient avoir tout vu, tout entendu, il faut absolument voir Alain en concert. C'est un autre monde. "Vos luttes partent en fumée" |
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K-TY |
Date : 23/05/2008 15:24 - Titre : Re:CONCERT BRUXELLES: la nuit, je ne mens pas, je chante à p
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j'ai hâte ! retrouver cette voix le 4 octobre...
ich bin nicht allein sur la montagne étrange été "Rendez-vous sur la lande, et qu'enfin cesse l'hallali"... "Dans les herbes folles tu peux courir"... |
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SANDRO |
Date : 27/05/2008 13:46 - Titre : Re:CONCERT BRUXELLES: la nuit, je ne mens pas, je chante à plei
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@ Afficionado et Icare 69:
Une question sur l'absence de piano/ claviers dans cette tournée( du moins à Bruxelles).
Etait-ce la méme chose sur les concerts précédents? ( La Défense, Lyon, Lille, Suisse, etc)
Est ce que cela s'explique par la majorité de chansons issues de "Bleu Pétrole", où il y peu de piano/ claviers? "Vos luttes partent en fumée" |
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Fabienne |
Date : 27/05/2008 23:07 - Titre : Re:CONCERT BRUXELLES: la nuit, je ne mens pas, je chante
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Merci Sandro , tu racontes ce concert à merveille. C'est la première fois que je voyais Alain en concert,c'était divin. J'ai hâte de revivre ce moment de pur bonheur vu que nous avons la chance de le revoir à bruxelles en novembre. Un peu mal à l'aise vis à vis de Chloé Mons qui ne méritait pas de se faire chahuter de la sorte. Elle a pourtant une très jolie voix. Plus mal à l'aise encore lorsque j'ai appris le lendemain du concert qu'elle était l'épouse d'Alain. Car j'imagine que celà a dû beaucoup le peiner d'entendre sa bien aimée se faire huer. En tout cas, un grand moment à ne rater sous aucun prétexe.
Fabienne
Ce qui rend les amitiés indissolubles et double leur charme, c'est un sentiment qui manque à l'amour, la certitude.
"Honoré de Balzac" |
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Lauranne |
Date : 28/05/2008 14:53 - Titre : Re:CONCERT BRUXELLES: la nuit, je ne mens pas, je chante
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j'arrive sur le forum de Bashung et je découvre le message de Sandro. Le tout est bien dit et résume formidablement bien la soirée au cirque royal. J'y étais aussi mais pour moi c'était mon tout premier concert de Bashung. Je n'étais pas spécialement fan et je me suis retrouvée là pour remplacer une amie malade. Je ne connaissais pas grand chose du cd que je n'avais pas eu la curiosité d'écouter alors que nous l'avions à la maison. Je connaissais quand même quelques chansons d'Alain mais des plus anciennes et aussi, celles qu'on entend à la radio (sur classic 21). Dès la première chanson du concert, j'ai accroché : j'ai apprécié la musique, la voix, le personnage malgré peut-être le fait que je l'ai trouvé un peu "froid" mais tout est dans les textes. Je suis sortie de là, émue, ne sachant pas trop si j'avais aimé ou tout simplement subi le concert. Avec le recul, oui bien sûr j'ai aimé (et même plus que ça ) et oui bien sûr, j'écoute le cd (pas encore en boucle mais ça ne saurait tarder ). Un tout grand merci à Bashung pour m'avoir fait vibrer comme il l'a fait.
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SANDRO |
Date : 28/05/2008 17:26 - Titre : Re:CONCERT BRUXELLES: la nuit, je ne mens pas, je chante
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@ Lauranne, C'est peut étre toi qui a raison. Commencer par la fin ( du moins le dernier opus) et faire "review", faire tourner le compteur à l'envers.
Jusqu'à" Bijou, Bijou" , en 1979 , dans "Roulette russe", avec "Elsass Blues", "Station service", etc.... En passant par le reste: Kalabougie, Apiculte ur, A perte de vue, j'passe pour une caravane"...
Et finir en ... 2043.
J'aimerais bien avoir cette télécomande. J'ai essayé, la mienne ne marche plus. Faut changer les piles, peut étre.
Reprendre de l'essence à la station service Bleu Pétrole.... "Vos luttes partent en fumée" |
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